Les Délégués régionaux des enseignements secondaires ont été saisis par les responsables régionaux du SNAES pour les requêtes de 2683 animateurs pédagogiques en vue de la régularisation administrative de la nomination de ces derniers, un dossier qui traîne depuis 2012 : un pas dans l’odyssée vers le travail décent pour ce maillon socle de la pédagogie normalement au cœur de l’action du MINESEC
Quelques jours seulement après la fin de la première phase de recensement organisé dans le cadre de la campagne du SNAES qui a vu la participation de 2683 Animateurs pédagogiques, les responsables régionaux du SNAES ont adressé du 03 au 10 décembre 2021, des requêtes portant régularisation administrative de la désignation des Animateurs pédagogiques (AP) de chaque région en vue de faciliter le traitement diligent de leurs droits conformément aux textes en vigueur par le MINFI.
Il faut le rappeler, depuis le 10 février 2012 avec la décision N°30/12 où le MINESEC nommait les AP dans la région du Nord, bientôt 10 années se seront écoulées durant lesquelles ces techniciens de la pédagogie travaillent au noir sans actes de nomination et sans aucune rémunération pour le travail accompli. Pourtant, si on s’en tient au décret N°2012/287 du 11 juin 2012 portant organisation du MINESEC en son article 101 alinéa 1 (8ème tiret), il suffirait que les délégués régionaux s’acquittent de leurs charges en nommant les AP dans les établissements scolaires pour régler le problème et les élever au rang dû de Chef de service adjoint conformément au décret sus-cité en son article 123.
Depuis toutes ces années, on est tenté de se demander ce qui coince exactement puisque dans la nomination de tous les maillons de la chaine pédagogique, à quelques détails de régularité et de disparité près, seuls les AP souffrent d’une dérégulation. Les autres sont effectivement nommés et jouissent de tous les droits et avantages dus à leurs fonctions. Les Animateurs pédagogiques ne sont-ils donc qu’un maillon négligeable qui ne mérite d’être ni nommé, ni rémunéré pour le travail qu’il abat ? Loin s’en faut ! Pour s’en convaincre, il suffit de lire la circulaire N°32/09/MINESEC du 07 septembre 2009 en son paragraphe II-3 qui présente la pléthore de fonctions dévolues aux AP et en fait les chefs d’orchestre de la pédagogie dans les établissements scolaires au niveau des groupes de disciplines.
L’état du Cameroun ayant mis le cap sur l’émergence à l’horizon 2035, le SNAES pense que le développement de notre pays ne peut s’opérer sans au préalable s’assurer de mettre en œuvre une éducation de qualité dans nos écoles. Il a été prouvé par de nombreuses études que la qualité du capital humain, principal facteur de développement, est fortement corrélée à la qualité de l’éducation que les élèves reçoivent et donc naturellement à la qualité de l’encadrement pédagogique.
Le 17 Décembre 2018, le SNAES adressait déjà une correspondance au MINESEC enregistrée sous le numéro 4023-0/18 par le service courrier, dénonçant la non délivrance des actes de nominations et le non-paiement des indemnités de fonction dus aux AP. Trois ans après, n’ayant constaté aucune évolution, le SNAES revient à la charge en adressant directement en première instance, des requêtes communes des 2683 Animateurs Pédagogiques officiellement désignés et proposés par leurs hiérarchies à ces DRES compétents pour délivrer enfin les actes de nomination requis pour restaurer ces professionnels dans leurs droits. C’est ainsi que le DRES de l’OUEST a été saisi le 03 Décembre 2021, les DRES du Littoral et de l’Adamaoua le 6 décembre, le 7 c’était le DRES de l’Extrême-nord, le 8 le tour des DRES du Nord, du Nord-Ouest et de l’EST et le 10 décembre 2021 c’était le tour du DRES du Centre. Ils ont été saisi chacun respectivement par les Secrétaires Régionaux du SNAES correspondants.
Aujourd’hui, les dossiers de ces milliers d’Animateurs Pédagogiques sont donc sur la table des DRES de chaque région. Deux semaines après le début de leur saisine par les représentants des enseignants, il ne reste plus qu’à espérer que les services du ministère des enseignements secondaires sauront faire preuve de responsabilité et de diligence propres à l’éthique éducative et saisiront cette occasion offerte par le SNAES pour détendre quelque peu la tension sociale qui existe dans la profession enseignante entre les dossiers de carrière bloqués, les indemnités d’examens impayées, l’insécurité des enseignants dans les établissements, le traitement indécent des jeunes enseignants, le mépris de la règlementation et tous les vides juridiques rendant opaque la gestion de l’école, le métier et la carrière des professionnels de l’éducation. Les enseignants attendent de voir comment seront traitées ces requêtes légitimes à ce niveau.







Du 13 au 15 Mai 2021 s’est déroulé à Yaoundé, le deuxième regroupement sur le thème : Théories politiques, institutions Politiques Camerounaises et leurs fonctionnements avec 6 modules animés par le Pr MACHIKOU Nadine et le Pr Moïse YANOU, Agrégés de Sciences politiques.
A la suite des résultats de fin d’années (BEPC, Probatoire et BACC), le lycée de Galim-tignère a été classé premier établissement du Département, et est compté parmi les premiers établissements de la Région de l’Adamaoua. La discipline est de rigueur au sein du campus du Lycée bilingue de Galim-Tignère. L’équipe dirigeante y veille vraiment. Il est difficile de voir un élève flâner pendant les heures de cours, cela grâce au dynamisme de cette l’équipe qui veille à ce que les cours se déroulent dans de bonnes conditions. Parlant des cours, ils se déroulent bien dans l’ensemble au sein du campus car le personnel enseignant est assidu et dévoué. L’administration tient régulièrement des assises avec les enseignants afin de vérifier que tout est en ordre pour que le travail de chacun puisse se faire avec efficacité. Le seul problème à souligner est celui de la section anglophone qui n’a aucun enseignant et de ce fait, pour tenter d’atténuer ce problème, certains enseignants de la section francophone sont obligés de prêter mains fortes en faisant appel aux notions acquises en formation bilingue dans leur cursus Académique et professionnel.


Dans le cadre de la prévention, le MINESEC s’était par exemple engagé à assainir les comportements dans la gestion des établissements scolaires (2016) ; instaurer une lisibilité dans la gestion des créations et des ouvertures des établissements scolaires privés (2016) et , à répondre au besoin d’information des usagers (2017) par l’actualisation du Site internet du Ministère, la publication des actes de carrières signés sur le site du MINESEC et la mise en fonction d’un numéro téléphonique pour les dénonciations. Force est de constater que ces objectifs, pour le moins, n’ont pas été pérennisés et les activités traduisant leur mise en œuvre sont passées de 8 en 2018 à un seul en 2019, puis à un nombre indéterminé en 2020.
Pour ce qui est de l’amélioration des Conditions de travail du personnel, il s’agit d’œuvrer à rendre les enseignants moins vulnérables à la corruption. Entre autres objectifs, il était question d’améliorer le processus de mutation et de nomination (2016) ; d’améliorer le traitement des dossiers de carrières du personnel (2016) ; d’améliorer les conditions de prise en charge médicale du personnel (2017) : d’assurer la prise en charge des enseignants en cours d’intégration (2018) et d’assurer le traitement diligent des dossiers de carrière (2018). Une fois encore, ces objectifs n’ont été ni maintenus, ni promus. La quantité d’activités dans cet axe stratégique est passée de 6 en 2018 à un seul en 2019, puis inconnue en 2020.
Il en est de même pour tous les autres axes stratégiques. Les sanctions hors examens officiels sont passées de 102 en 2018, à 14 en 2019, les activités incitatives destinées à récompenser et à motiver le personnel du MINESEC étaient de 7 en 2018 pour complètement disparaitre en 2019 et enfin, les activités éducatives sont aussi passées de 3 à 2. On constate par exemple la rareté des lettres de félicitation, la disparition du prix de l’excellence et le manque de sérieux dans l’organisation des Palmes Académiques pour ne citer que cela. Il est donc évident que la dynamique impulsée par la CONAC ne raisonne plus tout à fait au MINESEC, avec en 2020, une absence de redevabilité. Pourtant, sous l’impulsion du Ministre, la Commission Ministérielle de Lutte Contre la Corruption du MINESEC, créée en 2005 s’était engagée dans un vaste combat multiforme visant entre autres les irrégularités dans le recrutement des élèves, les malversations financières, la mauvaise gestion des Associations des Parents d’Elèves et Enseignants(APEE), le monnayage des actes de carrière, les établissements clandestins et les chantiers abandonnés.
Avec le climat social très tendu compte tenu de la dégradation des conditions de travail des enseignants, notamment : le traitement opaque des actes de carrières, des mutations, des salaires des enseignants nouvellement pris en charge, des indemnités dues lors des examens officiels, les convocations abusives des enseignants pour les besoins de l’administration, une gestion chaotique des recrutements des vacataires et des personnels d’appoint sans contrats de travail décent; il est étonnant de voir que les activités menées par le MINESEC par rapport à la Stratégie Nationale de Lutte Contre la Corruption ne suivent pas une trajectoire cohérente, dans un désarrimage stratégique incompréhensible. L’absence de redevabilité du Ministère éducatif mise en évidence par la CONAC pousse à s’interroger sur le message que ce premier veut émettre en destination de son personnel déjà aux abois.


