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samedi, décembre 3, 2022
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Plaidoyer pour la liberté d’expression au Cameroun.

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Plaidoyer pour la liberté d’expression au Cameroun.

Je peux me tromper mais jusqu’à ce que cela soit établi, j’affirme qu’aujourd’hui plus qu’hier, la liberté d’expression est en danger de mort au Cameroun. La récente lettre d’instruction du MINAT au Gouverneur du Littoral concernant Equinoxe TV, M. Serge Alain Otou et M. Le Bon Datchoua est un signal d’un virage inquiétant vers une forme de répression véritablement inquisitionnelle. Un signal annonciateur du pire, d’un véritable bond vers le passé.

J’ai eu le privilège douloureux de connaître l’époque du défunt Président Ahmadou Ahidjo. Jusques au dernier jour de son long règne, il a maintenu les Camerounais, en matière d’expression, dans un carcan non pas de fer mais d’acier. La presse de lors avait la liberté étriquée de parler de faits divers et de sport, sous condition de savoir dissocier ces banalités de la politique. Un écart, même infinitésimal, et le couperet s’abattait, inflexible, inexorable. Au début des années 1980, j’étais alors étudiant à l’université de Yaoundé, il ne faisait pas bon relâcher sa langue ni dans le bar du coin, ni dans le taxi de hasard. Une parole mal calibrée, mal placée, un simple égarement d’un instant et le pire pouvait vous tomber dessus, sous la forme alors habituelle d’une disparition et d’un internement dans quelque camp de « redressement » : Tcholliré, Yoko, Mantum… On avait alors appris chacun à résister à toute forme de tentation discursive. Dans leurs salles de classe, les enseignants devaient alors se faire experts en contorsions dans l’enseignement de l’histoire ou des œuvres littéraires engagées. On était constamment à la merci de la moindre délation et nombreux sont nos enseignants de l’époque à avoir payé leurs écarts d’un séjour prolongé au milieu de nulle part. Et puis M. Biya est arrivé en 1982…

Avec lui, la parole s’est libérée, véritablement. Comme il l’avait alors affirmé lui-même et il faut témoigner que sur ce plan-là il a longtemps tenu parole, il n’était plus nécessaire de prendre le maquis pour exprimer ses idées. Avec lui, les Camerounais ont pu manquer de pain, de bonnes routes, de bonnes écoles, de bons hôpitaux… mais ils n’ont jamais été empêchés de le dire. Avec lui, chacun a toujours pu dire ce qu’il avait sur le cœur même si M. Biya s’est arrangé pour qu’il soit impossible à qui que ce soit de le manifester. Cette page-là est donc en train de se tourner véritablement, non pas semble-t-il en vue d’une nouvelle avancée, mais tout bêtement d’un retour vers le passé.

Au fait, que reproche le MINAD à Equinoxe TV, M. Serge Alain Otou et M. Le Bon Datchoua ? Simple : que sur les antennes du premier, dans le cadre d’une émission animée par le second, le dernier a affirmé que « M. Biya est l’une des malchances que le Cameroun ait connues ». Le MINAD trouve alors les faits d’une « gravité avérée ». Mais de quels faits s’agit-il exactement ?

La question a l’air toute banale mais il faut bien se la poser, puisqu’il n’y a pas véritablement « fait » mais « opinion ». Le Bon Datchoua, n’a pas « fait quelque chose », il a « dit quelque chose ».  Quoi exactement ? Que « M. Biya est l’une des malchances que le Cameroun ait connues ». Dans cet énoncé, « Biya » et « Cameroun » sont les seuls éléments objectifs, qui échappent pour leur compréhension à toute espèce d’interprétation. On ne peut pas, concernant ces deux éléments, poser la question « Qu’est-ce que tu as voulu dire ? » parce que M. Biya sera toujours M. Biya et le Cameroun sera toujours le Cameroun. Il reste donc « malchance » : c’est la mauvaise chance. Et c’est quoi la chance ? C’est l’aléa, le sort, le hasard, la fortune, c’est-à-dire quoi ? Nous sommes en présence d’un élément psychologique. Ce qui est une chance pour les uns est simultanément une malchance pour les autres. On ne peut donc pas culpabiliser la malchance sans en faire autant de la chance. Est-ce que si je dis que « M. Biya est l’une des chances que le Cameroun ait connues » ce sera des « faits dont la gravité est avérée » ? Si ce n’est pas le cas, alors il est absurde de tenir pour coupable de fait dont la gravité est avérée celui qui affirme le contraire de ce propos. Celui qui affirme avoir eu de la chance est souvent seul à savoir le contenu qu’il donne à ce vocable, de même en est-il de celui qui affirme être victime de malchance. En l’occurrence, comme il s’agit d’une opinion, d’un énoncé subjectif, son contenu n’est déterminé que subjectivement, un peu comme une auberge espagnole : chacun n’y trouve que ce qu’il y a apporté. Le reste n’est que pure inquisition.

« Sans la liberté de blâmer, il n’est point d’éloge flatteur », disait si  bien Beaumarchais dans Le Mariage de Figaro. On peut, même à défaut de mettre un contenu objectif au propos de Le Bon Datchoua, démontrer qu’il a voulu blâmer le Chef de l’Etat. Il sera en effet difficile d’affirmer que « malchance » est un connoté mélioratif. Ce contenu appréciatif négatif qu’il attribue au Chef de l’Etat évalue quoi ? Son physique ? Son intelligence ? Sa sagesse ? Sa vie privée ? Manifestement non : il s’agit sans faute de sa vie publique : il est une des malchances non pas pour lui-même, ni pour sa famille, mais pour le Cameroun. Il l’évalue donc comme Chef de l’Etat camerounais. En tant que membre actif d’un parti d’opposition, y a-t-il une quelconque surprise à ce que M. Datchoua ait et énonce une appréciation radicalement négative de l’action politique de M. Biya ? Il me semble que non. Le contraire eût été plus surprenant. Bénéficie-t-il du droit d’agir ainsi ? Il serait intéressant qu’il soit démontré qu’il n’en a pas le droit.

Au-delà d’Equinoxe TV, de M. Serge Alain Otou et de M. Le Bon Datchoua, c’est l’héritage positif le plus indiscutable de M. Biya qui est en train de s’effondrer. S’il est une chose dont on est sûr que son bilan portera toujours côté crédit, c’est certainement d’avoir donné aux Camerounais la liberté d’expression. Mais ce legs va-t-il résister à la bourrasque de cette fin de règne ? Et si ce mur porteur, si isolé, s’effondre, que va-t-il rester debout d’ici la fin ? Et à quoi les Camerounais, notamment les instruits d’entre eux qui aiment tant à se chamailler sur les plateaux de télévisions, les antennes de radios, dans les journaux et les médias sociaux, eux qui sont si silencieux en cette heure grave où l’on fusille sur la place publique la liberté d’expression, à quoi croient-ils qu’il va leur falloir s’attendre ?

Roger Kaffo Fokou, écrivain.

MINTSS-Syndicats d’enseignants: mot d’ordre de grève et mises au point réciproques.

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MINTSS-Syndicats d’enseignants: mot d’ordre de grève et mises au point réciproques.

Dans le cadre d’une rencontre de mise au point, le Ministère du travail et de la sécurité sociale a renconré les représentants de quelques syndicats d’enseignants ce mercredi 16 novembre 2022. En l’absence du Ministre du Travail lui-même, la rencontre a été présidée par le Secrétaire Général dudit département ministériel, M. RAZACK Jonhy. Y participaient également du côté gouvernemental les représentants du MINFI, du MINESEC et du MINEDUB. L’objet officiel de cette rencontre portait « Mot d’ordre de grève des enseignants », avec en référence une instruction du Secrétaire Général de la Présidence de la République portant le n° B50/SG/PR du 07 novembre 2022.

D’emblée et après avoir dressé le contexte de la rencontre, M. RAZACK a passé la parole à la partie gouvernementale pour faire un état détaillé de la mise en œuvre des instructions présidentielles relatives aux revendications des enseignants. Tour à tour le MINESEC, le MINEDUB puis le MINFI ont pris la parole. Ensuite les syndicats ont été invités à réagir à ces rapports complémentaires. Prenant la parole, le SG/SNAES a rappelé que la première mission des syndicats est de négocier, et que répondre à un appel en vue d’une éventuelle négociation n’est pas un signe de faiblesse mais de force de la part des syndicats. Qu’en tous les cas le SNAES est et entend demeurer un syndicat de négociation et d’action.

Concernant l’état de solutionnement des revendications des enseignants, il a rappelé que lesdites revendications comportent deux volets, le premier conjoncturel concernant la dette de l’Etat envers les enseignants, le second structurel portant sur la nécessité d’automatiser l’ensemble des actes de carrière des enseignants, de remettre en route la procédure de paiement des primes des Animateurs pédagogiques (on a alors appris que les Animateurs Pédagogiques du MINEDUB sont bel et bien payés ès qualité), de faire signer la convention collective de l’enseignement privé, et de tenir le Forum national de l’éducation pour projéter la formation de la jeunesse camerounaise dans ce XXIe siècle courant. Le SG/SNAES a précisé que si sur le premier volet tout se passe pour le mieux (les problèmes rencontrés se corrigeant au fur et à mesure dans le cadre du groupe de travail créé à cet effet au MINFI), on ne peut que déplorer le silence du gouvernement sur le second volet. Un silence qui justifie le mot d’ordre de grève en cours ainsi que tous ceux qui vont émailler l’année scolaire 2022-2023 et les suivants, jusqu’à ce que compte soit pris de ces revendications.

Saisissant l’occasion de cette rencontre, le SG/SNAES a fait une mise au point publique à l’endroit de ceux qui ont écrit et publié qu’il avait affirmé le 24 août 2022 au cours d’une rencontre syndicats/gouvernement tenue au

MINEDUB que les problèmes des enseignants étaient réglés à 95%. Il réitère que sur le volet conjoncturel et en rapport avec les instructions données par la Présidence de la République, le gouvernement est en train de respecter ses engagements. Cela ne concerne que la dette due aux enseigants. Les véritables problèmes des enseignants sont dans le volet structurel de leurs revendications et de ce côté-là tout est encore à faire. Il ne voit comment il aurait pu affirmer que lesdits problèmes sont déjà réglés à 95% !

Sur ce second volet et dans le cadre de cette rencontre du 16 novembre 2022, les DRH du MINESEC et du MINEDUB ont unaniment plaidé pour que le Premier Ministère supprime les procédures (à valeur ajoutée quasi inexistante) qui entravent l’automatisation des avancements de classe et de grade. Sur la prime des Animateurs pédagogiques du MINESEC et considérant d’une part que ladite prime relève d’un décret présidentiel, d’autre part que le MINFI n’y a vu aucune objection, il a été demandé au MINESEC d’acheminer les actes y relatifs au MINFI en vue de leur traitement.

La rencontre s’est achevée autour de 13h.

Pour la Rédaction, Roger Kaffo Fokou

LYCÉE BILINGUE DE NGOMEDZAP : Colère des enseignants sommés de reprographier à leurs frais leurs épreuves.

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LYCÉE BILINGUE DE NGOMEDZAP : Colère des enseignants sommés de reprographier à leurs frais leurs épreuves.
LYCÉE BILINGUE DE NGOMEDZAP : Colère des enseignants sommés de reprographier à leurs frais leurs épreuves.

Les premières évaluations sommatives pour la compte de l’année 2022/2023, se sont déroulées dans une ambiance électrique au lycée bilingue de Ngomedzap dans le département du Nyong-et-So’o.

Dans une adresse aux enseignants via le forum whatsapp de l’établissement, le proviseur, monsieur Ngueli Eyambè Jean Marie, a convoqué ces évaluations pour la période allant du lundi 10 octobre au vendredi 14 octobre, délais de rigueur. Chaque enseignant était ainsi invité à évaluer à ses heures de cours, sous le contrôle de l’administration chargée de l’implémentation de cette mesure.

La pomme de discorde intervient lorsque le chef de l’établissement évoque la question de la reprographie des sujets: « Notre photocopieur est victime d’une panne grave et ne peut fonctionner pour la multiplication des épreuves », dit-il dans son communiqué. Le décor ainsi planté, il peut alors délivrer sa pilule dont l’amertume provoquera le courroux des enseignants : « par conséquent, chaque enseignant apportera pour chacune de ses classes les épreuves déjà multipliées en fonction des effectifs de chaque classe à obtenir auprès des censeurs », peut-on également lire dans ce même communiqué. En d’autres termes, les enseignants ont été invités à multiplier à leurs frais, les différents sujets d’évaluation. Une rupture totale avec la tradition encrée dans les établissements d’enseignement secondaire et selon laquelle la reprographie est à la charge de l’institution scolaire, les enseignants ayant pour unique tâche, le dépôt d’un exemplaire de leurs sujets.

Une seconde option est toutefois offerte aux enseignants, comme si le proviseur avait senti que la mesure préconisée pour la reprographie allait essuyer quelques élans hostiles. La brèche ouverte ne manque cependant pas de cynisme. Dans un Nota Bene qui sonne comme un retour à une époque révolue, le proviseur annonce : « chaque enseignant est appelé à évaluer pendant la période indiquée, même s’il faut écrire au tableau. » La messe est dite.

Comment peut-on au 21è siècle écrire des sujets d’évaluations au tableau alors que des moyens peuvent être dégagés pour la reprographie ? La visibilité sera-t-elle bonne pour les élèves ? Un enseignant de mathématique par exemple peut-il copier un sujet type au tableau pour une classe comme la terminale D ? Autant de questions sans réponses que suscite l’attitude du proviseur du lycée bilingue de Ngomedzap.

Les remous observés cà et là n’ont pas été à la hauteur du diktat de monsieur Ngueli Eyambè qui est resté de marbre. Sur le terrain, les évaluations ont effectivement eu lieu. Certains enseignants ont opté, l’âme en peine, pour la multiplication des sujets à leurs frais. D’autres ont choisi l’option la moins coûteuse et la plus désinvolte : l’écriture des exercices au tableau. Il va sans dire que les partisans de cette seconde option ont choisi de préserver leurs bourses déjà maigres du fait de la conjoncture actuelle, mais aussi ont réduit le dosage des épreuves, l’écriture au tableau étant un exercice assez difficile. Le corolaire de cette constatation est que certains élèves ont été sous évalués.

A la question de savoir quelles motivations peuvent permettre de comprendre la décision controversée du proviseur du lycée bilingue de Ngomedzap, une piste non négligeable a été évoquée par plusieurs enseignants: le parfum des mutations et nominations qui embaume l’air depuis quelques temps, plombe le fonctionnement de certains établissements. Ainsi, d’après cette analyse, ceux des proviseurs qui se sentiraient sur le départ évitent d’engager des dépenses pourtant impératives pour le fonctionnement des lycées et collèges. Le lycée bilingue de Ngomedzap ne serait donc pas un cas isolé ! Bien malin celui qui expliquera cette thésaurisation inopportune des deniers publics.

YONGUI HEUBO Patrick William, Rédacteur SNAES.

JME 2022 : « La situation des enseignants camerounais aujourd’hui est pire que ce qu’elle était il y a quelques décennies. »

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JME 2022 : « La situation des enseignants camerounais aujourd’hui est pire que ce qu’elle était il y a quelques décennies. »

1- Ce 5 octobre, la communauté nationale et internationale célèbre la journée mondiale de l’enseignant. Dans quel contexte la présente édition se célèbre t-elle  au Cameroun ?

Dans notre pays, cette célébration se situe dans le contexte d’une crise aiguë de l’éducation. Une crise qui a cependant pris ces dernières années une coloration particulière en raison du nombre élevé de facteurs spécifiques aggravants que sont dans l’extrême septentrion national les exactions de la secte islamiste Boko Haram, dans la région de l’Est les conséquences de la présence importante et durable de réfugiés centrafricains combinée à l’exploitation anarchique de l’or à laquelle l’on a abandonné avec une incurie incroyable des pans entiers de la jeunesse locale, et dans les régions anglophones les terribles effets, en terme de déscolarisation massive, durable et difficilement réversible, du choix de la solution armée par les protagonistes pour régler un dissensus politique.   Ces facteurs s’agrègent ainsi aux inégalités anciennes frappant les zones rurales pauvres en infrastructures de toutes natures (routes, salles de classe, réseaux d’électricité et internet, hôpitaux, logements…), en équipements de base (tables-bancs, bibliothèques publiques et scolaires, laboratoires, terminaux de réception numériques…). Ces inégalités touchent de même des pans entiers de nos grandes villes frappés de grande pauvreté où l’on voit les taux d’échecs aux concours d’entrée en sixième passer au-dessus de 75% comme à Douala, Yaoundé, et sans doute également à Garoua, Limbé et Bafoussam. Aussi n’est-on plus étonné (on s’habitue malheureusement à toutes les catastrophes et c’est bien dommage !) de voir le nombre d’enfants et d’adolescents qui vadrouillent dans les rues de nos villes en prériode et aux heures de classe.  

2- Quelle est la situation actuelle de l’enseignant au Cameroun ?

Elle est pire que ce qu’elle était il y a quelques décennies. Il est recruté dans le corps sur une mauvaise base (les concours s’achètent depuis des années et une détestable inflation s’est même emparé de ce marché maffieux où les enchères flirtent désormais avec les cinq millions de nos francs), il est formé avec une approximation choquante (après plus d’une décennie d’implémentation de l’APC, les produits des écoles normales arrivent toujours sur le terrain démunis sur ce plan), sa carrière est gérée avec une absence de rigueur qui est un véritable pied de nez au Président de la République (lui donc la rigueur est l’un des deux fondements de sa conception de la citoyenneté). De rustine en rustine, l’enseignant camerounais tire plus que jamais le diable par la queue. En plus, le peu qu’on lui doit, il doit se battre pour qu’on le lui donne, ce qui est véritablement un comble. Mais au Cameroun, le comble n’est jamais tout à fait le comble. Les campus scolaires sont devenus des pièges mortels pour tout enseignant qui voudrait y faire sérieusement son travail : les élèves, de plus en plus organisés en gangs, y font régner leur loi, qui est celle de la terreur. Et vous croyez qu’on en a fini ? Loin de là : le sentiment même de l’inutilité de son travail est une autre dimension du calvaire de l’enseignant aujourd’hui. Qu’il enseigne mal ou bien, qu’il enseigne tout simplement ou qu’il ne le fasse même pas, soit qu’il est en grève ou qu’il filoute, cela n’altère que très marginalement les résultats aux examens officiels. Il n’est plus qu’une caution pour un système qui usine et distribue les parchemins, en se fondant sur des critères parfois fort éloignés de la pédagogie comme celui de l’équilibre régional.

3- Le 1er octobre dernier, l’intersyndicale a rendu public un communiqué sur les actions à mener par les syndicalistes pour porter leurs revendications. Parallèlement, les représentants des mouvements Ots, Ota et Seca ont publié un communiqué pour annoncer la reprise de la grève. Le moment n’est-il pas venu pour que les enseignants parlent d’une même voix étant donné que les problèmes sont les mêmes ?

Les enseignants parlent généralement d’une même voix, ce sont leurs organisations qui ne font pas chorus. Dans la situation actuelle, le dissensus se situe à la marge, ce qui est un réel motif d’espoir. L’intersyndicale ne partage pas la même vision de l’éducation et du syndicalisme que ceux qui refusent de s’associer à sa démarche, mais cela ne constitue pas un véritable problème. L’essentiel, en somme, c’est de ne pas se tromper de cible, et il semble que cela arrive à certains groupes. L’adversaire des travailleurs, ce ne sont pas les travailleurs, ce ne sont pas les organisations des travailleurs même celles dont on ne partage pas les orientations et les stratégies, ce sont les employeurs, les détenteurs de capitaux qu’il s’agisse de capitaux financiers ou politiques dans le cas de l’Etat. Le capital a les moyens de se payer les services des meilleurs stratèges et ne s’en prive pas dans la lutte contre les travailleurs et leurs organisations. Du coup, les mouvements des travailleurs ne doivent pas être des jacqueries : ils doivent être pensés en fonction non seulement du court mais du long terme ainsi que de toute l’intelligence dissimulée du camp d’en face. Tout ce qui contribue à fragiliser les syndicats, fût-ce provisoirement au bénéfice des travailleurs, contribue à la victoire à terme des employeurs. Il est donc impératif que les gens ne se trompent pas de camp : si certains estiment avoir de meilleures idées et stratégies que les syndicats, qu’ils sachent que les syndicats sont ouverts et qu’ils ont le devoir d’y apporter ces idées et stratégies pour renforcer le camp des travailleurs. Quant au mot d’ordre de l’intersyndicale, il essaie de ne pas confondre l’école et les véritables adversaires de celle-ci, ses fossoyeurs. Il ne faut jamais verser l’enfant avec l’eau du bain. Cette école, c’est notre jeunesse ; son destin est inséparable de celui de cette jeunesse. Les syndicats se battent pour de meilleures conditions de vie et de travail de leurs membres, mais pour pouvoir prendre en charge plus efficacement cette école et la jeunesse qui la fréquente. Les stratégies de lutte doivent permettre de préserver autant que faire se peut cette ligne rouge qui est une sorte de marqueur idéologique.

4- Que faut-il faire exactement pour que l’enseignant retrouve sa dignité au Cameroun ?

Il faut repositionner l’éducation/l’école au centre du village : c’est d’une véritable révolution idéologique qu’il s’agit. Il n’y a pas d’éducation de qualité sans enseignants de qualité. A partir de là, tout est dit. Nous devons sortir de la politique des petites mesurettes qui au fond ne servent que la communication politique. L’éducation n’est pas une affaire politique, c’est une affaire d’Etat. Ce ne sont donc pas de grands hommes politiques, mais de grands hommes d’Etat qui changent l’éducation dans un pays, et ce faisant, transforment le destin de nations entières. Pour beaucoup, il ne s’agit que faire du bien aux enseignants. Erreur profonde : les meilleures conditions de vie et de travail pour les enseignants sont le prix minimal pour chaque peuple/nation à payer si celle-ci veut bénéficier d’une éducation de qualité. Et pour cela, il est nécessaire de repenser de fond en comble notre système éducatif. Des états généraux après 30 ans, pour refonder l’éducation, la doter de nouvelles stratégies et de moyens à la hauteur de la nouvelle vision qu’on aura adoptée pour elle, est-ce trop demander à ceux qui nous gouvernent et qui dépensent nos impôts et leur temps que nous payons si chers à des activités qui par comparaison s’apparentent à des futilités ?

Une interview de Roger Kaffo Fokou initialement prévue pour Mutations

REVENDICATIONS DES ENSEIGNANTS : MOT D’ORDRE DE GRÈVE DE L’INTERSYNDICALE DE L’ÉDUCATION.

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Suite au mutisme du gouvernement face aux revendications portées par l’intersyndicale depuis plusieurs années, les syndicats de l’éducation du Cameroun ont décidé de lancer une série de grèves totales sur toute l’étendue du territoire national tout le long de l’année scolaire 2022/2023.

C’est en effet ce qui transparaît dans le libellé du mot d’ordre de grève signé ce 1er Octobre 2022 par les organisations syndicales réunies sous la bannière de l’intersyndicale. Il faut dire que les motifs de cette décision peuvent se résumer aux infractions répétées du gouvernement aussi bien envers ses propres engagements nationaux et internationaux, qu’envers les textes de loi en vigueur au Cameroun. Il s’agit notamment des 4 revendications rendues publiques par l’intersyndicale dans son communiqué du 07 Septembre 2022 dont les termes sont les suivants :

  1. Dans le cadre de l’application des décrets présidentiels N° 2012/267 du 11 juin 2012 portant organisation du Ministère des Enseignements Secondaires en son article 123 et N° 2012/268 du 11 Juin 2012 portant organisation du Ministère de l’Education de Base en son article 113, de nommer les Animateurs Pédagogiques (AP) et les Animateurs Pédagogiques d’Arrondissement (APA) afin qu’ils bénéficient des primes attachées à leur fonction, nominations interrompues depuis plus de 10 ans.
  2. Afin de rendre effective la production automatique des actes de carrière qui ne le sont pas encore (les avancements de classes et de grades), de procéder à la suppression des procédures inutiles (pour les avancements de classes) et à la simplification des procédures ppnpécessaires (pour les avancements de grades).
  3. De faire procéder sans délai à la signature de la Convention Collective de l’Enseignement Privé dont la négociation du texte est achevée depuis février 2014 (en accord avec toutes les conventions de l’OIT ratifiées par l’Etat du Cameroun)
  4. De programmer, conformément à l’accord du 02 décembre 2016 entre le Gouvernement et les syndicats, et à l’une des recommandations fortes du Grand Dialogue National en 2018, la tenue du Forum National de l’Éducation.

C’est donc fort de ce constat sur le mutisme du gouvernement depuis plusieurs années et après moult interpellations restées sans réponse, que les syndicats ont décidé ce 01 Octobre 2022 de mener une série d’actions cette année scolaire 2022-2023 dont les modalités pour le premier trimestre sont les suivantes :

Pour le mois d’octobre 2022 :

  • Débrayage total de trois (03) jours consécutifs dans tous les établissements scolaires du territoire national pour la période allant du 17 au 19 Octobre 2022.

Pour le mois de Novembre 2022 :

  • Débrayage total de cinq (05) jours consécutifs dans tous les établissements scolaires du territoire national pour la période allant du 21 au 25 Novembre 2022.

Pour le mois de Décembre 2022 :

  • Débrayage administratif relatif à tous les travaux et documents en lien avec les résultats scolaires des élèves (remplissage des bulletins, dépôt de statistiques, tenue des conseils de classes …).

Poursuite du débrayage administratif relatif aux Animateurs Pédagogiques (AP) et aux Animateurs Pédagogiques d’Arrondissement (APA) durant les mois d’Octobre, Novembre et Décembre 2022.

On apprend par ailleurs que pour ne pas ouvrir la porte à la débandade, la grève sera encadré ainsi qu’il suit :

Pendant tous les jours de grève totale, les enseignants de la Maternelle, du Primaire, du Secondaire et tous les autres personnels éducatifs sont appelés à rester chez eux. Par conséquent, les parents sont invités à garder leurs enfants à la maison durant ces périodes. Par ailleurs, les enseignants sont appelés à rester attentifs aux prochaines communications de l’intersyndicale relatives aux actions qui leur seront annoncées pour les autres trimestres.

Pour sauver notre système éducatif et accéder à une éducation de qualité, les syndicats ont toujours choisi la voie du dialogue sans relâche. Mais ce dernier a été rompu unilatéralement par le gouvernement qui ne tient plus à ses propres engagements malgré tous les recours des syndicats sur les questions querellées. Les syndicats tout en déplorant cette attitude du gouvernement, s’engagent par cette démarche à obtenir l’omellette, quitte cette fois à casser quelques œufs. L’enjeu en vaut bien le sacrifice.

“La transformation de l’éducation commence avec l’amélioration de la profession enseignante”.

En cette veille du 05 Octobre 2022, Journée Mondiale des Enseignants, les syndicats rappellent par ce mot d’ordre de grève, le sens fondamental de cette journée que le gouvernement et l’univers marchand ont vite fait de pervertir en fête. Vivement que le gouvernement cesse d’attendre que les situations s’enveniment avant d’agir, parce que cette fois, les syndicats sont résolus à aller jusqu’au bout.

Roland ASSOAH, Rédacteur SNAES

Thème de la Journée Mondiale des enseignant(e)s 2022 : La transformation de l’éducation commence avec les enseignant(e)s

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La transformation de l’éducation commence avec les enseignant(e)s

EDUCATION SOCIALE FINANCIÈRE ET ENTREPRENEURIALE : Les élèves du lycée de Yaoundé 1er Elig-Essono rejoignent la dynamique.

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Chaîne de l'entrepreneuriat

Ce Mercredi 22 Septembre 2022, la trentaine d’élèves retenus pour la première cuvée classe-club d’Education Sociale Financière et Entrepreneuriale (club AFLATEEN) du lycée de Yaoundé 1er Elig-Essono a amorcé l’introduction de la série d’activités destinées à inculquer aux jeunes des compétences de vie. Il s’agissait pour les élèves de se connaitre mutuellement et aussi de saisir le but de la dynamique dans laquelle ils sont dès à présent engagés. L’encadreur de ces enfants, le formateur-maître Roland ASSOAH leur a fait comprendre que :
• Sur le plan des contenus, ils seront appelés à travailler sur cinq modules :
o la compréhension et l’exploration personnelles,
o les droits et les devoirs des enfants et des jeunes,
o leur dynamique corporelle,
o l’épargne des ressources,
o la planification et la budgétisation
o le montage et la conduite d’entreprises sociale et/ou financière.
• Sur le plan des méthodes, ils seront appelés à travailler suivant des méthodes ludiques et dynamiques qui leur permettront d’appendre en pratiquant, mais aussi en s’amusant.
• Sur le plan du réseau, ils seront connectés aux millions de jeunes des centaines de pays dans le monde qui pratiquent l’Education Sociale Financière et Entrepreneuriale.


Pour cette première session, les enfants ont mené des activités qui leur ont permis de comprendre la nécessité de la collaboration avec « la chaine de l’entreprenariat », de la responsabilité mutuelle avec « la marche de la confiance ». Pour préparer la prochaine séance, il a été demandé aux apprenant d’identifier 5 de leurs talents et de faire un portrait détaillé de ce qu’ils pensent être dans 5 ans. Toujours dans la mouvance des méthodes dynamiques centrées sur les apprenants, la date du Mercredi 27 septembre 2022 à été retenue pour la prochainaine rencontre, où les enfants continueront leur développement personnel afin de devenir des acteurs positifs du changement dans leur environnement.

Marche de la confiance.


Il faut dire que les clubs AFLATEEN sont introduits dans les établissements du secondaire au Cameroun depuis 2015 à la faveur d’une convention de partenariat signée entre le MINESEC et l’ONG AFLATOUN International. En 2016, prenant acte des bénéficies que pourrait tirer le MINESEC de la philosophie AFLATOUN, le Premier Ministre exhortait le MINESEC à travers la correspondance N° A218/d/CAB/PM du 22 Décembre 2016, à mettre un point d’honneur à l’implémentation des Clubs Aflatoun dans tous les établissements des dix régions du Pays.

Découverte de la communication du CLUB AFLATEEN ELIG-ESSONO


Le Lycée de Yaoundé 1er est résolu à implémenter l’Education Sociale Financière et Entrepreneuriale de manière à atteindre les résultats ciblés : faire des élèves des citoyens responsables, acteurs du changement et compétents pour soutenir le développement durable du Cameroun.

Roland ASSOAH,

Rédacteur SNAES

DIBOMBARI : UNE RENTRÉE SCOLAIRE HAUTEMENT ADMINISTRATIVE

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Depuis le 05 septembre, jour de rentrée, l’arrondissement de Dibombari connait une  ambiance de visite administrative. En effet après le sous-préfet Jean-Philippe  NGO’OMEBE qui a lancé la rentrée scolaire 2022-2023 au lycée de Dibombari en assistant à la levée des couleurs avant de se rendre dans les autres établissements de l’arrondissement, ce sera autour du Gouverneur de la région du Littoral Samuel Dieudonné IVAHA DIBOUA d’y faire un tour le mercredi 07 septembre pour effectivement se rendre compte de l’effectivité de la rentrée.

Pendant la levée de couleurs du 05 septembre en présence du sous-préfet  au lycée de Dibombari,  Mme NOMO ETEME le proviseur, dans sa prise de parole souhaitera tout d’abord une bonne rentrée scolaire à tous les élèves, puis leur donnera des conseils sur les mesures à prendre sur le plan sanitaire en rappelant les mesures barrières contre la Covid 19 et aussi en revenant sur le concept « Clean School », concept cher au ministre des Enseignements Secondaires. Après le départ du sous-préfet, les élèves se sont rendus chacun dans sa salle de classe suivant les orientations du censeur TEGANG Jean-Baptiste car il y a eu cette année une nouvelle répartition des salles de classes dans le but de lutter contre les flâneries des élèves. Ils y seront rejoints par les enseignants pour la prise de contact, l’évaluation diagnostique et la présentation du programme.

Le troisième jour de la rentrée, lors de sa visite dans certains établissements de l’arrondissement de Dibombari,  le Gouverneur s’arrêtera d’abord au CETIC de Dibombari puis au Lycée où l’on constatera dans l’ensemble le respect des mesures  barrières avec la présence des seaux devant les salles de classe pour le lavage des mains. Au lycée de Dibombari en particulier, le Gouverneur entrera dans deux salles de classe où il s’entretiendra avec les élèves sur comment lutter contre la Covid 19, contre le choléra et que faire pour s’assurer une année scolaire réussie. Il ne manquera pas de donner ce conseil : « la première richesse d’un élève c’est la santé, si vous n’êtes pas en santé vous n’allez pas bien étudier, dites-vous que l’examen d’abord, le plaisir après ». Mme le proviseur n’a pas manqué de présenter les difficultés que rencontre le lycée surtout en matière d’infrastructures.

ENSEIGNEMENT À DISTANCE AU CAMEROUN : une entrave supplémentaire qui creuse les inégalités dans l’accès à l’éducation.

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Du fait de la mise en œuvre du e-learning qui ne fait que prendre de l’ampleur depuis bientôt quatre ans dans le système éducatif sans jamais tenir compte de certains préalables, le gouvernement accentue les inégalités dans l’accès à l’éducation, ceci en installant des contraintes supplémentaires qui se muent en limitations pour les apprenants d’une certaine catégorie sociale, ainsi que pour ceux vivant dans les zones déconnectées des réseaux de télécommunication. Cette tranche de la population étant majoritaire, on constate que, si rien n’est fait, l’enseignement à distance va laisser l’essentiel des éducables en marge de la trajectoire du train de la digitalisation des enseignements au Cameroun.

Depuis 2019, le Cameroun comme la plupart des pays du monde a été frappé de plein fouet par une crise sanitaire marquée par la pandémie à corona virus qui s’est faite ressentir dans tous les domaines. Dans le secteur de l’éducation particulièrement, nous avons assisté impuissamment le 19 mars 2019 à l’arrêt brutal et involontaire des cours en présentiel dans le souci de protéger la population en freinant autant que faire se peut la propagation de la maladie ceci en limitant les contacts physiques entre les personnes. Pour atténuer le déficit éducatif causé par la pandémie, les ministères en charge de l’éducation au Cameroun (le MINEDUB, le MINESEC et le MINESUP) ont opté pour l’enseignement à distance.

Cette pratique jusqu’à date encore peu connue par la plupart des citoyens camerounais, a été imposée à la communauté éducative en vue de :

  • Assurer la continuité avec les enseignements brusquement interrompus suite à l’arrivée virulente du corona virus
  • Éviter une déconnexion totale avec l’école (les apprenants étant à quelques mois des examens officiels)
  • Limiter le plus possible les contacts humains entre élèves, élèves-enseignants… ainsi qu’une prolifération rapide du virus (les enfants étant des porteurs sains) ➢ Développer et vulgariser l’enseignement à distance au Cameroun
  • Répondre au déficit imposé par le fractionnement des apprenants en cohortes (système de double flux)

Seuls les trois derniers points restent d’actualité.

Cependant, bien que ce projet soit parti d’une bonne intention, l’on ne peut tout de même s’empêcher de constater amèrement que l’enseignement à distance tel que pensé reste et demeure un mirage dans sa mise en œuvre au Cameroun dans son ensemble. Cette pratique qui pour l’instant se résume à une diffusion télévisée des leçons présentées par des inspecteurs nationaux et des enseignants, via des médias sociaux comme YouTube ou encore via des interactions virtuelles (meet, jitsi meet, zoom, whatsapp…) pénalise tous les apprenants issus des familles à situation économique difficile, des familles « analphabètes » dans le domaine des NTIC ou encore simplement ceux qui vivent en marge des zones couvertes par les réseaux de télécommunication.

De ce constat, l’on est en droit de se poser les questions suivantes : l’enseignement à distance tel que pratiqué au Cameroun ne serait-il pas finalement un freint à l’éducation de nos enfants ? cette pratique telle que perçue n’induirait-elle pas dans son processus de mise en œuvre une forme de marginalisation, de discrimination à l’égard des éducables ? Dans quelle mesure l’enseignement à distance peut-elle profiter à tous les apprenants sur l’étendue du triangle national ?

Le e-learning, qui permet d’enrichir les formations en présentielles par des cours à distance (Karsenti, Karmis ; 2007), constitue assurément comme l’affirment Poliakov et Abramova, (2003)  « un objet d’intérêt en contexte africain dans la mesure où il est considéré comme un outil au service d’une population donnée, et qui la modifie en retour, mais présente néanmoins de nombreux défis liés à la question de la distance (spatiale, temporelle, pédagogique, administrative et socio culturelle) en Afrique ». Au Cameroun, ces défis sont marqués par la non prise en compte des prérequis nécessaires à l’enseignement à distance dont on peut citer entre autres :

  • la non maitrise de l’outil informatique tant par les apprenants que par certains enseignants et parents
  • l’absence de moyens financiers (pour se procurer un smartphone et ou acheter la connexion)
  • l’absence de couverture internet et d’électricité dans de nombreuses parties du pays
  • l’absence de télévision dans certains ménages

Conséquences, les apprenants n’ont pas la possibilité de suivre ni de recevoir les cours ou TP qui leur sont destinés, accusant ainsi un grand retard dans l’apprentissage. Pour ceux des élèves vivant en zones urbaines et disposant des outils et moyens appropriés (téléphones, ordinateurs, électricité, frais de connexion…), ils sont souvent confrontés à de sérieux problèmes tels que la non maitrise de l’outil informatique.

Dans un souci de la bonne marche de l’école post-covid relative à la mise en œuvre effective et optimale de l’enseignement à distance comme méthode palliative aux limitations constatées ou comme innovation dans notre système d’enseignement, il serait donc judicieux de la part des pouvoirs publics de s’assurer continuellement de la mise en place de certaines mesures qui passeraient entre autres par :

  • l’amélioration du taux de couverture nationale des réseaux de communication;
  • un Partenariat efficace entre les opérateurs téléphoniques et les ministères en charge de l’éducation au Cameroun ceci en vue de mettre à la disposition des familles des terminaux numériques (tablettes, smartphones…) des forfaits internet moins couteux;
  • multiplier les campagnes de formation pour la prise en main et la maitrise de l’outil informatique; tant par des enseignants que par les apprenants et les parents;
  • l’instauration d’une prime de connexion pour les enseignants.

En attendant, sur le terrain les inégalités ne cessent de se creuser et de s’accentuer aux grand damne des apprenants qui ne savent à quel sein se vouer.

Par Priscille Babikoussana Oki, Psychologue de l’Education

Rentrée scolaire 2022/2023 : la reprise est timide au Lycée Bilingue de Kobdombo.

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L’atmosphère de rentrée au lycée bilingue de Kobdombo dans le département du Nyong-et-Mfoumou est plutôt timide. Le 5 septembre dernier, aucun élève n’a franchi le seuil de l’établissement. Quelques personnels administratifs et enseignants étaient cependant présents. Quelques parents d’élèves ont également fait le déplacement pour s’acquitter des frais de scolarité de leurs progénitures. Et pourtant l’unique lycée de l’arrondissement de Nyakokombo affiche la splendeur de son environnement propice à l’apprentissage et n’attend plus que les apprenants et leurs encadreurs, pour rattraper le train de la rentrée scolaire qui est déjà en marche.

Le Sous-préfet de la localité a effectué une descente sur le terrain en ce jour de rentrée scolaire, pour toucher du doigt l’effectivité de cet événement solennel. La réalité est cependant implacable. L’ambiance sur le terrain rend compte d’une rentrée scolaire à deux vitesses sur l’ensemble du territoire national, l’une des raisons de ce déphasage étant le faible pouvoir d’achat des citoyens camerounais.

YONGUI HEUBO Patrick William, Rédacteur SNAES.

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