CAMEROUN : PRÉAVIS DE CRÈVE POUR LA SEMAINE DU 21 AVRIL 2025, L’ÉCOLE EN CRISE, LES ENSEIGNANTS AU BORD DE LA RUPTURE !

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Ce Mercredi 19 Mars 2025, le tonnerre gronde dans le ciel de l’éducation camerounaise. Le Collectif des Organisations des Enseignants du Cameroun (COREC), unissant l’essentiel des syndicats éducatifs, a brisé le silence avec une déclaration d’une gravité sans précédent, suivie d’un préavis de grève qui menace de paralyser le système éducatif dès le 21 avril 2025. Face à ce qui est perçu comme un acte d’accusation implicite du gouvernement par son inaction et son mépris, la communauté éducative est appelée à prendre conscience de la profondeur de la crise et de la détermination inébranlable des enseignants.

La déclaration du COREC, fruit d’une analyse “approfondie et sans complaisance” des politiques éducatives des quarante dernières années, dresse un constat accablant : le système éducatif camerounais est maintenu à des “standards inacceptables”, héritier d’un modèle néocolonial “obsolète et inadéquat”. Les organisations syndicales dénoncent avec force l’inefficience des politiques publiques qui entravent le développement du pays, pointant du doigt une efficacité externe désastreuse (seulement 40% du capital humain développé), un bilinguisme de façade, un sous-investissement chronique et une pauvreté d’apprentissage alarmante.

Mais au-delà des chiffres et des constats, c’est un cri de dignité bafouée qui résonne. La précarisation des personnels d’appui, l’arrêt de la formation des enseignants, le non-respect des droits acquis et une injustice salariale flagrante sont autant de blessures profondes infligées à la profession enseignante. Le COREC rappelle avec amertume la promesse non tenue d’un Forum National de l’Éducation, engagement solennel pris il y a neuf ans, symbole du “mépris de l’État pour l’avenir de l’éducation”.

La rupture est consommée. Les organisations syndicales, autrefois engagées dans un dialogue qui s’est avéré stérile, affirment aujourd’hui leur “désolidarisation solennelle des politiques éducatives qui ont prévalu pendant plus de 40 ans”. Cette prise de position radicale souligne une perte de confiance totale envers un gouvernement perçu comme sourd aux revendications légitimes de ceux qui façonnent l’avenir de la nation.

L’union sacrée des syndicats est un message fort. Face à l’urgence de la situation, une vingtaine de syndicats ont mis de côté leurs divergences pour former un front uni et déterminé. Cette cohésion sans précédent témoigne de la profondeur du malaise et de la conviction partagée qu’il est temps d’agir avec force pour sauver l’école camerounaise.

Le préavis de grève déposé par le COREC est un ultimatum clair : si aucune action concrète n’est entreprise d’ici la reprise du troisième trimestre le 21 avril 2025, une semaine de grève totale “ÉCOLE MORTE” sera observée. Et ce n’est qu’un début. Les syndicats préviennent que des “mesures de protestation syndicales en cascade se poursuivront et s’intensifieront jusqu’à l’obtention de résultats”.

Cette mobilisation historique interpelle toute la communauté éducative : parents d’élèves, élèves, responsables politiques, société civile. L’avenir de la jeunesse camerounaise est en jeu. Le gouvernement peut-il rester insensible à ce cri d’alarme unifié ? La rupture entre les enseignants et le pouvoir est-elle définitivement consommée ? Une chose est sûre : le mois d’avril s’annonce décisif pour l’éducation au Cameroun. L’heure n’est plus aux atermoiements, mais à une action concertée pour éviter une crise majeure dont les conséquences seraient désastreuses pour le développement du pays.

Roland ASSOAH, SGE _SNAES.

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