Le hold-up silencieux: comment le Cameroun subventionne les écoles du Nord en sacrifiant ses enfants.

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Le hold-up silencieux: comment le Cameroun subventionne les écoles du Nord en sacrifiant ses enfants.

L’exode massif des enseignants camerounais vers le canada n’est pas une fatalité, c’est une hémorragie d’État aux conséquences sécuritaires imminentes


Par la Cellule de Prospective Stratégique du COREC ꓲ Février 2026

Il y a un chiffre qui, à lui seul, devrait empêcher les décideurs de la sous-région de dormir: 28 milliards de francs CFA. Ce n’est pas le montant d’une dette contractée auprès du FMI, ni le coût d’une infrastructure inachevée. C’est le montant estimé de la ”subvention” intellectuelle nette que le Cameroun offre, chaque
année, au Canada.
Pendant que les chancelleries occidentales s’enorgueillissent de leur Aide Publique au Développement (évaluée à près de18milliards de FCFA par an pour Ottawa), un pillage d’une redoutable efficacité algorithmique s’opère dans l’autre sens. Le système d’immigration canadien, par son programme Entrée Express, cible, capte et extrait l’élite de la fonction publique éducative camerounaise. La valeur de ce capital humain, formé à grands frais par le Trésor public de Yaoundé, avoisine les 46 milliards de FCFA annuels. Le constat est d’une froideur mathématique : l’Afrique Centrale finance aujourd’hui la stabilité du système scolaire nord-américain.


Le Mythe du Professeur ”En Congé”


Si cette fuite des cerveaux est un désastre macro-économique, elle est avant tout une tragédie sociale dissimulée par une ingénierie administrative délétère. Comment l’État masque t-il la disparition de milliers de professeurs de mathématiques, de physique ou de langues ? Par le silence et le maquillage.


Un audit national récent et glaçant révèle que les départs définitifs sont couramment couverts sous la nomenclature de simples ”congés”. Pire, la bureaucratie, d’une lenteur coupable, met parfois jusqu’à 14 mois pour suspendre la solde d’un fonctionnaire déserteur.
L’analyse des données de connexion au portail financier de l’État indique que les jours de paie, une proportion effarante des consultations de solde provient d’adresses IP localisées en Occident. Le contribuable camerounais verse ainsi chaque année des milliards de francs CFA à des ”fantômes” qui dispensent désormais leur savoir à Montréal ou au Québec.

La Classe-Garderie et l’Apartheid Éducatif


Pendant ce temps, qui se tient face aux élèves de Douala, de Garoua ou de Bafoussam? Le vide laissé par l’exode a engendré une mutation monstrueuse de l’école publique.

Les témoignages des professionnels restés sur le terrain décrivent des scènes de saturation absolue: des effectifs médians de 80élèves, avec des pics documentés à près de 120 adolescents par classe. Face à eux, des ”vacataires” payés au lance-pierre, souvent munis du seul BEPC, tentent vainement de maintenir l’ordre. La transmission du savoir y est physiquement et cognitivement impossible.


L’enseignant titulaire qui n’a pas encore fui, lui, survit. Les enquêtes pointent un niveau de détresse socio-économique abyssal. L’intellectuel de la République, contraint de compenser la misère de sa condition, se transforme la nuit tombée en agriculteur de subsistance ou en conducteur de moto-taxi.
Dès lors, l’école publique n’éduque plus, elle parque. Elle est devenue ce que les acteurs de terrain nomment un ”Apartheid éducatif”, un gouffre réservé aux enfants des classes populaires, tandis que les élites exfiltrent leur progéniture vers les réseaux privés ou l’étranger.


2030 : L’Usine à Rébellion


L’urgence n’est plus seulement pédagogique, elle est devenue strictement sécuritaire. Les modélisations projectives indiquent que si cette tendance se maintient, près de 35 % du territoire national pourrait se transformer en ”déserts éducatifs” d’ici cinq ans.


Or, la géopolitique nous enseigne qu’une école qui ferme n’est jamais un espace vide; c’est un territoire qui se remplit par la violence. Le délitement du maillage scolaire dans les régions périphériques offre déjà un vivier de recrutement inépuisable pour le grand banditisme urbain et les mouvements séditieux.
L’équation du risque est implacable : refuser de financer le salaire d’un enseignant aujourd’hui, c’est garantir le financement d’une crise sécuritaire majeure demain.


Il est grand temps de cesser de considérer l’éducation comme une charge budgétaire compressible. Le sauvetage de la profession enseignante (à travers des mesures d’urgence de revalorisation indiciaire) n’est plus une simple revendication syndicale. C’est l’ultime rempart avant l’effondrement. L’heure n’est plus au
diagnostic, mais à la thérapie de choc. Faute de quoi, nous aurons collectivement choisi de sacrifier une génération sur l’autel de l’inaction.



Cet article s’appuie sur les données de l’Audit National Forensique (Février 2026) publié dans le cadre de la campagne d’alerte citoyenne « Opération Phénix ».

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