REPRISE DU TROISIÈME TRIMESTRE AU CAMEROUN : les établissements d’enseignement secondaire sont perturbés par la grève des enseignants.

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L’ambiance des jours de grève s’est de nouveau emparée des lycées et collèges du pays. Depuis le lundi 25 mars 2022, l’école peine à retrouver son chemin. L’effectivité de la rentrée n’est pas au rendez-vous.

Le mot d’ordre de grève lancé par le SNAES et d’autres collectifs en fin de semaine dernière invitait les enseignants à n’effectuer aucune activité pédagogique tout au long de la semaine. On peut noter sur le terrain que cet appel est largement suivi et que dans une démonstration de maturité, les enseignants présents sur le campus y restent jusqu’à la fin de la journée. De leur côté, les élèves nombreux et sans encadrement sont condamnés à vadrouiller dans l’enceinte des établissements, sous le regard impuissant de leurs enseignants et des membres de l’administration scolaire. Ces élèves, pris sous le coup de la monotonie de ces espaces qui affichent grand leur béance, finissent par vider les lieux. On observe alors la fermeture des établissements avant 15h30, l’heure normale de clôture. Cette masse désœuvrée se déverse ensuite dans les quartiers à des heures inhabituelles, sous le regard médusé de la communauté éducative qui prend ainsi le pouls du malaise sédimenté pendant longtemps dans les couloirs de l’école.

La programmation des évaluations a également meublé l’actualité des établissements scolaires. C’est ainsi qu’au lycée bilingue de Nylon Brazzaville, le proviseur appuyé par certains enseignants vacataires et les surveillants de secteur est au four et au moulin. Avec ses lieutenants, ils se relaient dans les surveillances des épreuves, en l’absence des enseignants, engagés dans la grève.

Les autorités administratives ne sont pas en reste en cette rentrée mouvementée. Certains administrateurs civils ont effectué des visites dans certains établissements à l’effet de toucher du doigt la réalité sur le terrain. C’est le cas du lycée bilingue de Nylon Brazzaville et du lycée technique de Ngoumou. Au lycée bilingue de Kobdombo par contre, deux gendarmes ont fait une descente sur les lieux, certainement sur instruction de leur hiérarchie.

Le tableau n’est pas partout le même. Dans certains établissements, il nous est revenu que les cours se déroulaient normalement, sans perturbation majeure. Cette observation a été faite dans les centres urbains, notamment le lycée de Mballa2, le lycée de Ngoa-Ekéllé et le lycée d’Elig-Essono, pour ne citer que ces cas dans la ville de Yaoundé. Les épreuves pratiques d’éducation physique et sportive comptant pour le baccalauréat de l’enseignement secondaire général se sont déroulés dans certains centre d’examens, d’autres étant d’après nos sources, en attente de programmation.

Dans dautres établissements, les enseignants pourtant disposés à poursuivre leurs cours ont fait face au laxisme de leurs élèves, ces derniers préférant rouler les mécaniques. Au lycée bilingue d’Ayos par exemple, certains enseignants ont évolué dans leurs programmes tandis que d’autres ont fait face à la désertion des élèves. Dans cet établissement, un enseignant avec lequel nous avons échangé nous a décrit l’ambiance délétère qui prévaut depuis la fin du deuxième trimestre et les résultats catastrophiques qui en ont découlé avant de rajouter : “nous avons l’impression que ces élèves grèvent plus que nous.”

Plus que jamais le gouvernement est interpellé pour trouver des solutions durables pour une sortie de crise. Rappelons à toutes fins utiles que les revendications des enseignants du secteur public au Cameroun peuvent être regroupées en deux points : le paiement de la dette due et la tenue d’un forum national de l’éducation.

YONGUI HEUBO Patrick William, correspondant centre.