Réforme du bac en France : Blanquer supprime les séries au lycée pour la voie générale. Quelles conséquences sur l’enseignement supérieur en informatique ?

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Le 15 février 2018, Les Echos, par Michael Guilloux                              Credit photo : AFP

Le ministre de l’Éducation a dévoilé ce mercredi la réforme du bac et, comme on s’y attendait, annoncé la fin des séries au lycée, du moins pour la voie générale. Les séries sont en effet maintenues dans la voie technologique. Il faut d’ailleurs noter que c’est plus une réforme pour la voie générale.

La fin des séries (L, ES, S) annoncée pour la voie générale débouche sur un tronc commun avec une nouvelle matière qui sera appelée « humanités scientifiques et numériques ». Avec cette matière qui sera enseignée en première et en terminale, Jean-Michel Blanquer entend « mettre l’accent sur la culture scientifique commune pour tous les élèves de France ». Ils y feront du codage et « mettront en perspective de grandes révolutions scientifiques et technologiques », dit-il. Les élèves vont également choisir trois « ;spécialités ;» en première, puis deux en terminale, parmi onze spécialités qui leur seront proposées. Ils pourront aussi changer de spécialités entre la classe de première et la terminale, en concertation avec leurs professeurs. Précisons qu’en dehors de ces différentes spécialités, les établissements seront libres d’inventer d’autres combinaisons de matières pour être plus attractifs auprès des élèves et coller aux réalités économiques locales.

Il y aura également des enseignements facultatifs pour ceux qui veulent aller plus loin dans un domaine particulier. Par exemple, ceux qui veulent mettre l’accent sur les mathématiques pourront suivre jusqu’à 9 heures de mathématiques par semaine avec l’option « mathématiques expertes » en terminale. Une autre option « mathématiques complémentaires » est également proposée comme enseignement facultatif en terminale.


La nouvelle formule du bac est celle qui a été annoncée le mois dernier. L’examen final, comptant pour 60 % de la note finale du bac, sera composé de quatre épreuves venant s’ajouter à l’épreuve anticipée de français, passée à la fin de la classe de première. Deux d’entre elles sont des épreuves écrites qui porteront sur les spécialités choisies par l’élève. Comptant pour 25 % de la note finale, ces épreuves seront passées en terminale, dès le retour des vacances de printemps. Les deux autres épreuves sont celle de philosophie (la note représentant 10 % du bac) et « un grand oral » qui comptera pour 15 % de la note finale. Ces deux épreuves vont se dérouler également en terminale lors de la deuxième quinzaine de juin.

Le grand oral, la grande nouveauté de la réforme du bac, se fera en 20 minutes. Pendant les dix premières minutes, l’élève présentera son projet, adossé à une ou aux deux disciplines de spécialité. Les dix autres minutes seront consacrées aux questions, face à un jury de trois personnes qui, selon Jean-Michel Blanquer, « permettra de voir comment l’élève mobilise ses connaissances scientifiques ou historiques pour commenter le projet qu’il a présenté ». Les candidats au bac technologique conserveront, eux, leur « ;oral de projet ;» dans sa forme actuelle. Selon Jean-Michel Blanquer, cette « grande innovation permet surtout de mettre l’accent sur une compétence fondamentale : s’exprimer dans un bon français, clair, argumenté [car] c’est une compétence essentielle dans la vie professionnelle ».

Les derniers 40 ;% de la note finale du bac seront affectés au contrôle continu, « ;pour valoriser le travail des lycéens en première et en terminale ;». Ce contrôle continu englobera des partiels nationaux (30 ;%) ainsi que les bulletins (10 ;%) au cours des deux dernières années de lycée. Les copies des partiels seront anonymes et corrigées par d’autres professeurs que ceux de l’élève.

Pour le ministre de l’Éducation, cette réforme vise à « renforcer le bac » qui s’était « affaissé » ces dernières années. Jean-Michel Blanquer estime encore qu’elle va permettre « plus d’égalité », « plus de liberté » de choix et « plus de simplicité ». C’était d’ailleurs ce que souhaitait Pierre Mathiot dans le rapport qu’il a proposé au ministre : « un lycée des possibles » où les élèves, à travers un jeu de matières majeures et mineures, pourraient personnaliser leur parcours, dans le cadre d’une « liberté encadrée ». L’objectif, disait-il, est de « former de vrais scientifiques, de vrais littéraires », mais aussi de permettre à des lycéens hésitants de « se promener dans le menu » et même changer d’avis en cours de cursus.

Ce bac nouvelle formule va rentrer en application en 2021. Les premiers à le passer sont donc les élèves qui sont en classe de troisième cette année. Vu les changements annoncés, Jean-Michel Blanquer a également évoqué la possibilité de changer le nom de la classe de terminale. « ;Nous ne voulons plus appeler la classe de terminale, “Terminale”. Ce n’est pas une classe terminale, mais un tremplin vers l’enseignement supérieur ;», a confié le ministre qui préfère plutôt parler d’année de « ;la maturité ;», « ;comme cela se fait chez nos voisins italiens et belges. ;»