RENOUVEAU SYNDICAL : L’INTERNATIONAL DE L’ÉDUCATION MOBILISE LES JEUNES ÉDUCATEURS.

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C’est un truisme de dire que l’avenir du monde se trouve entre les mains de la jeunesse. Le rappeler permet cependant de maintenir à l’esprit des jeunes, le poids des responsabilités qui sont les leurs dans la recherche de la paix et de la justice. C’est dans ce sillage que la branche Afrique de l’International de l’Éducation (EIRAF) entend désormais agir pour la mobilisation des jeunes enseignants du continent africain. Il est question d’éveiller les consciences de ces derniers au sujet de l’environnement dans lequel ils évoluent et de la maitrise des enjeux qui engagent autant le devenir de la profession que les perspectives d’éducation.

Le cadre légal et les objectifs

Le cadre qui permet la mobilisation de ces jeunes éducateurs est le Réseau Africain des Jeunes Educateurs (en anglais Africa Young Educators Network, AYEN).  Ce réseau a été mis sur pied le 23 septembre 2021 lors d’un webinaire organisé par l’EIRAf (EI Région Afrique) et qui a vu la participation de 40 jeunes éducateurs âgés d’au plus 35 ans. La création de ce réseau dont on est en droit d’attendre de belles réalisations, est consécutive aux résolutions des septième et huitième congrès de l’IE, tenus respectivement du 21 au 26 juillet 2015 à Ottawa au Canada et du 21 au 26 juillet 2019 à Bangkok en Thaïlande. Les termes de ces résolutions invitaient les organisations de l’IE à s’assurer d’une part que les aspirations des jeunes enseignants, des chercheurs et des personnels d’appui occupaient une place de choix dans les textes de base de ces organisations tout en mettant un point d’honneur à la promotion des valeurs syndicales. D’autre part, le projet baptisé Renouveau syndical vise à redynamiser les bases syndicales en multipliant autant que faire se peut, les formations à l’intention des jeunes éducateurs afin qu’ils soient parés pour faire face aux challenges à venir. Ce projet est d’ailleurs implémenté au Cameroun avec le concours de la Fondation Friedrich Ebert et a déjà permis la formation de nombreux leaders intermédiaires sur lesquels les syndicats peuvent s’appuyer pour étendre leur toile.

Le Réseau Africain des Jeunes Educateurs poursuit de nombreux objectifs au rang desquels :

  • La mobilisation des jeunes éducateurs en rapport avec les plaidoyers sur l’ODD4 pour accélérer la réalisation d’une éducation de qualité pour tous ;
  • La possibilité pour les jeunes syndicalistes du continent de travailler en synergie avec leurs pairs militants des organisations membres de l’IE ;
  • Le soutien au renouvellement des syndicats de l’éducation pour une meilleure représentativité ;
  • L’aide au recrutement de nombreux jeunes éducateurs et leur mobilisation pour la défense de leurs droits.

Les valeurs syndicales

 Le 25 mai dernier, l’EIRAF a organisé un webinaire animé par la camarade Anaïs Dayamba, auquel étaient conviés certains jeunes enseignants militants des organisations membres de l’IE. Le responsable de l’IERAF, le camarade Dennis Sinyolo, a ouvert les travaux a évoquant des thèmes tels que  la redynamisation des bases syndicales par des perfusions juvéniles, la culture du leadership et la promotion des valeurs syndicales. Il a notamment invité à la mutualisation des forces par tous les syndicalistes pour être forts ensemble, l’expérience des anciens conjuguée à l’énergie de la jeunesse étant vecteur de miracle.

La présentation sur les valeurs syndicales a été faite par la camarade Lucy Barimbu. D’entrée de jeu, cette dernière a rappelé que « les employeurs et les employés ne sont pas des copains », une phrase évocatrice qui invite à rester en état d’alerte permanente pour être la voix des sans voix et éclairer les zones d’ombres où tentent d’émerger le déni de justice et les abus de toutes sortes. 

Au terme de cette présentation, les valeurs que doivent porter les syndicats et leurs membres ont été mises en évidence et expliquées pour une meilleure compréhension de l’assistance. Parmi ces valeurs figuraient la démocratie, l’autonomie, la représentation, la solidarité, le respect mutuel, la transparence, la reddition des comptes, l’inclusivité, l’égalité et la diversité.

Aucune œuvre de construction ne peut prospérer si les jeunes qui doivent en assurer la durabilité sont en marge du processus. Aussi faudrait-il que cette jeunesse soit au fait des enjeux de demain pour prendre conscience de la nécessité de s’y préparer aujourd’hui. Frantz Fanon rappelait à juste titre que « chaque génération doit, dans une relative opacité, découvrir sa mission, la remplir ou la trahir. » l’IERAF a ouvert la brèche du Renouveau Syndical et du Réseau Africain des Jeunes Educateurs, il reste aux jeunes éducateurs de s’y engouffrer en nombre conséquent pour assurer la noble mission de la défense de l’éducation et de l’enseignant.

YONGUI HEUBO Patrick William, Rédacteur snaes.org